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«Nous sommes un mot dans une phrase commencée par nos parents et que nos enfants poursuivront»

Nous avons tous un droit à notre passé. Personne ne saurait être interdit de mémoire. Tous ont le droit sacré de recueillir dans l'histoire les événements qui peuvent les aider à comprendre le présent et à le vivre mieux.
Le passé a toujours été une arme, et le discours de la mémoire l’apanage des classes sociales dominantes. Mais ce qui est propre à notre siècle, c'est que la mémoire se déploie selon des modalités nouvelles.
La mémoire s'est fragmentée, individualisée, privatisée, démocratisée. Les gens n'acceptent plus aussi facilement qu'avant la mémoire officielle avec ses menteurs et ses censeurs : ils veulent avoir droit de regard sur ce qu'on dit du passé et dire ce qu'ils savent. Les récits de vie prolifèrent.
En histoire comme ailleurs, la vérité s'approche au cours d'une enquête qui passe par la confrontation des documents, des expériences et des témoignages. Il ne sert à rien de maquiller le passé, de le mythifier; seule la vérité peut nous être utile.

  

Certains voient dans cette explosion de la mémoire un risque d'enfermement dans un vécu individuel, forcément limité, et même une menace pour la cohésion de nos sociétés, déchirées par de multiples mémoires «communautarisées».
Dans les mondes de l'historien, il est bien assez de territoires que nous pouvons faire nôtres, où chaque communauté peut trouver la source de son identité et l'inspiration de son avenir.
Chacun est aussi las de l'histoire officielle, que de celle des cas sociaux, quand il s'agit de décrire la vie des «anonymes». La vie en société est d'une toute autre trame, riche de perceptions, de petites histoires, de points de vue divers.
La démocratisation de la mémoire n'est pas un mal tant qu'elle ne mène pas à la dispersion totale. Ce qui compte, c'est qu'il y ait quelque chose qui fasse lien à un moment donné et qui favorise l'émergence d'une mémoire commune, enrichie du souvenir des «vies minuscules». Il s'agit de constituer une mémoire nationale unifiée et plurielle qui intègre et dépasse les mémoires cloisonnées et parcellaires.
  sources :
  • les couloirs de la mémoire,
    entrevue avec la sociologue et historienne Régine Robin, 27/12/2001
    le Devoir
  • Devoir de quelle mémoire ? par Christian Michel
    le Québécois libre, n°100, 13/03/2002
    liberalia
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