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1- L'échec des raids de 1940-1941

Après la bataille d'Angleterre, les bombardements aériens sont le seul moyen dont disposent les Britanniques pour faire sentir à leurs adversaires le poids de la guerre.
Ils espèrent venir à bout de l'Allemagne en détruisant son potentiel industriel. Les cibles des avions sont des objectifs à caractère militaire : navires, pont, voies ferrées, usines d'armement, centrales électriques, raffineries.
Or, il s'avère que les résultats de ces attaques de précision et de nuit sont insignifiants : à cause des techniques de navigation rudimentaires, les cibles visées ne sont presque jamais atteintes. De plus, les pertes enregitrées sont lourdes.
A la fin 1941, ces raids jugés inefficaces sont suspendus : une nouvelle politique de bombardement est alors décidée par Arthur Harris et les spécialistes du «Bomber Command».

2- Le bombardement sur zone : 1942

Ils se rendent compte que les seuls objectifs que les avions soient capables d'atteindre sont les villes, et ils programment, début 1942, des attaques de saturation contre les centres urbains : c'est l'«area bombing» ou bombardement sur zone.
La méthode consiste à lancer des raids massifs en visant, non plus des cibles précises, mais de vastes superficies, que l'on s'applique à raser au moyen de bombes explosives et incendiaires. Les premières transforment les immeubles en tas de débris, auxquels les secondes mettent le feu. Il s'agit de détruire des centaines de milliers de maisons et de jeter à la rue des millions de civils.
L'objectif est de démoraliser la population, de briser son moral, de manière à ce qu'elle exige de ses dirigeants la paix. Avec la technique du bombardement sur zone, les Britanniques sont persuadés d'avoir trouvé la panacée.

3- Le bombardement de Cologne : 30 mai 1942

Après une première attaque sur Lübeck deux mois plus tôt, c'est à Cologne, dans la nuit du 30 mai que cette stratégie de bombardement sans discrimination est appliquée pour la première fois par le «Bomber Command». Plus de mille bombardiers participent à l'attaque; 1455 tonnes de bombes sont larguées sur la ville, où 477 habitants trouvent la mort et 45 000 sont jetés à la rue. Seuls quarante avions sont abattus, soit moins de 4% des effectifs engagés. Ce seul raid de mille bombardiers est beaucoup plus dévastateur que les 1346 sorties sur Cologne, qui l'avait précédé pendant neuf mois. Pour Harris, le responsable des bombardements, le succès est éclatant. Il réussit à convaincre Churchill des formidables potentialités de la puissance aérienne : la victoire appartiendra à celui qui saura l'utiliser au mieux. D'autres raids sont programmés pour les semaines suivantes. C'est le début de la guerre des villes : une offensive de trois ans sur les plus grandes villes allemandes où vivent vingt-deux millions de personnes.

source : Armées d'aujourd'hui, n°273, septembre 2002

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